BS-003Bientraitance et soinsFiche vérifiée le
Prévenir la maltraitance institutionnelle dans les soins
Signaux d'alerte et procédures pour prévenir la maltraitance envers les patients en institution de soins, avec repères issus des recommandations de la HAS.

Quels signaux d'alerte doivent alerter une équipe ?
La maltraitance institutionnelle ne se limite pas aux actes violents. Elle peut être insidieuse : négligence, manque de respect, non-prise en compte de la douleur, infantilisation, ou encore défaut d'information. Les équipes doivent être attentives à plusieurs signaux :
- Plaintes récurrentes de patients ou de proches, même formulées de manière indirecte.
- Épuisement professionnel des soignants, qui peut réduire la qualité de la relation.
- Absence de procédures claires pour signaler un incident ou une préoccupation.
- Rigidité organisationnelle qui empêche d'adapter les soins aux besoins individuels.
- Manque de formation à la bientraitance et à l'écoute active.
Ces signaux doivent être pris au sérieux et discutés en équipe. La HAS rappelle que l'éducation thérapeutique du patient (ETP) fait partie intégrante de la prise en charge et vise à aider les patients à gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique [1]. Une institution qui néglige cette dimension relationnelle s'expose à des dérives maltraitantes.
Comment instaurer une culture de la bientraitance ?
La bientraitance est une démarche proactive qui vise à promouvoir le bien-être et le respect de la dignité des patients. Elle repose sur plusieurs piliers :
- Une politique institutionnelle claire qui affirme l'engagement contre toute forme de maltraitance.
- Des formations régulières pour les équipes, incluant la communication, l'écoute et la gestion des situations difficiles.
- Des espaces de parole où les soignants peuvent exprimer leurs difficultés sans crainte de jugement.
- La participation des patients et de leurs proches aux décisions qui les concernent.
La HAS souligne l'importance de l'éducation thérapeutique du patient, qui vise à aider les patients à gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique, et qui fait partie intégrante de la prise en charge [1]. Cette approche favorise une relation de partenariat et réduit le risque de maltraitance. Pour renforcer cette culture, il est utile de former les équipes à la bientraitance.
Quelles procédures pour signaler et traiter les situations à risque ?
Il est essentiel de disposer de procédures accessibles et connues de tous. Voici une checklist décisionnelle :
| Situation | Action immédiate | Suivi |
|---|---|---|
| Soupçon de maltraitance | Protéger la personne, alerter le responsable | Enquête interne, soutien aux personnes concernées |
| Plainte d'un patient | Écouter, noter, rassurer | Analyse en équipe, mesures correctives |
| Conflit dans l'équipe | Médiation, rappel des règles | Formation continue, supervision |
| Négligence répétée | Identifier les causes (surcharge, manque de moyens) | Réorganisation, renfort |
Cette grille aide à structurer la réponse et à garantir que chaque signalement est traité. La HAS propose des documents méthodologiques pour élaborer des programmes d'ETP, qui peuvent servir de modèle pour structurer des procédures de signalement et d'amélioration continue [1].
Comment soutenir les soignants pour prévenir l'épuisement ?
L'épuisement professionnel est un facteur de risque majeur de maltraitance. Les institutions doivent mettre en place des mesures de prévention :
- Groupes de parole et supervision clinique.
- Formation à la gestion du stress et à la communication non violente.
- Réduction de la charge de travail lorsque cela est possible.
- Reconnaissance du travail accompli.
La HAS propose des documents méthodologiques pour structurer des programmes d'éducation thérapeutique, qui peuvent inclure des modules sur la relation soignant-soigné [1]. Ces outils aident les équipes à développer des compétences relationnelles et à mieux gérer les situations complexes. Pour approfondir, consultez notre article sur le soutien des soignants contre l'épuisement professionnel.
Comment écouter les besoins des patients et de leurs proches ?
L'écoute active est au cœur de la bientraitance. Elle implique :
- Poser des questions ouvertes et laisser le temps de répondre.
- Reformuler pour vérifier la compréhension.
- Prendre en compte les préférences et les valeurs de la personne.
- Impliquer les proches dans les décisions, avec l'accord du patient.
La HAS a élaboré des recommandations pour proposer et réaliser l'éducation thérapeutique, en mettant l'accent sur les besoins du patient [1]. Ces recommandations peuvent guider les équipes pour écouter les besoins des patients de manière structurée.
Comment intégrer la bientraitance dans les pratiques quotidiennes ?
La bientraitance ne doit pas être un concept abstrait. Elle se traduit par des gestes et des attitudes :
- Respecter l'intimité et la dignité lors des soins.
- Expliquer les actes avant de les réaliser.
- Demander l'accord du patient.
- Adapter les soins aux capacités et aux rythmes de chacun.
La HAS propose des outils pour élaborer des programmes spécifiques et évaluer les activités éducatives [1]. Ces ressources peuvent être utilisées pour former les équipes et intégrer la bientraitance dans les protocoles.
Comment évaluer et améliorer en continu ?
L'évaluation régulière des pratiques est indispensable. Elle peut prendre la forme de :
- Audits internes sur les signalements et les plaintes.
- Enquêtes de satisfaction auprès des patients et des équipes.
- Revue des incidents en équipe pluridisciplinaire.
La HAS met à disposition des grilles d'auto-évaluation pour les programmes d'éducation thérapeutique, qui peuvent servir de modèle pour évaluer les pratiques de bientraitance [1]. L'amélioration continue nécessite de s'appuyer sur des données fiables et une culture de l'apprentissage.
En conclusion
La prévention de la maltraitance institutionnelle est l'affaire de tous. Elle nécessite une politique claire, des formations, des procédures de signalement et une attention constante à la relation. Les ressources de la HAS fournissent des repères utiles. Pour toute décision, il est recommandé de consulter les directives officielles en vigueur et d'adapter les procédures au contexte local.
Pour aller plus loin, consultez nos articles sur la manière de former les équipes à la bientraitance, écouter les besoins des patients et associer les proches aux décisions de soin.


